Quand je serai grande je serai archéologue… ou pas…

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous raconter un peu ma vie… L’idée m’est venue après avoir lu cet article du Rire des Anges, où elle nous révélait ce qu’elle voulait faire comme métier quand elle était petite…
Et bien moi, quand j’étais petite, je voulais être archéologue.
Et plus précisément archéologue spécialisée dans la Grèce antique (oui oui, c’est précis!).

Tout a débuté quand j’ai commencé à bien savoir lire. Je suis tombée sur ce livre : Mythes et légendes de la Grèce antique.

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Séduite par les illustrations, j’ai commencé à dévorer les histoires qui se trouvaient dedans, à commencer par le mythe de Phaéton, dont je vous parlais ici.

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Je devais avoir 7-8 ans je pense, et à partir de ce moment-là, je me suis mis en tête de trouver les origines de ces croyances. Je voulais prouver qu’à l’origine de chaque mythe, il y avait un fond de vérité… (Et ouais, je voulais changer le monde quoi… :p).

Ma bible de l’époque, c’était l’Iliade et l’Odyssée. J’étais persuadée qu’Homère avait raconté un véritable combat, et je voulais trouver la ville de Troie, en suivant les indications des auteurs…
Bon, en grandissant, j’ai découvert que la cité troyenne avait déjà été découverte (merci monsieur l’archéologue Heinrich Schliemann d’avoir cassé tous mes plans!).

Et cette passion pour la mythologie ne m’a pas quitté.
Je me suis intéressée à toutes les mythologies, mais cette passion de la Grèce ne m’a pas quitté.

J’ai d’ailleurs bassiné le conseiller d’éducation au collège avec ce projet…
D’ailleurs, je ne le remercie pas, car le seul conseil qu’il m’ait apporté était de ne pas choisir ce métier, car c’était mal payé!

Au lycée, je n’en démordais toujours pas, mais là, les profs trouvaient ça plutôt cool (surtout la prof de socio, forcément…), du coup ils m’encourageaient dans ce sens.

J’ai même fait du grec ancien dés la 4èm, et ce jusqu’au BAC!

C’est donc tout naturellement que je me suis inscrite à la Sorbonne, en archéologie (oui, parce que je voulais LE super prof d’archéologie grecque, celui de l’école d’Athènes, et il était à la Sorbonne).
J’ai réussi à m’inscrire en archéologie grecque (et c’était pas facile, car c’est plutôt populaire comme discipline chez les archéologues!)

Et là… Bah je me suis ennuyée!
Et oui! Je crois que je m’étais tellement passionnée pour cette période que j’en savais déjà énormément (oui, je sais, ça fait prétentieux, mais c’est le sentiment que j’avais). Du coup, ça m’a paru beaucoup moins intéressant…

Alors j’ai bifurqué vers l’archéologie celte…
Ça m’est venu subitement cette fois-ci! Je n’y connaissais pas grand-chose, à part le téléfilm Merlin que vous avez sans doute tous déjà vu au moins une fois quand vous étiez plus jeune, puisqu’il passait tous les ans pendant les vacances!

Là, ça a changé de style! L’époque était plus ancienne, plus obscure aussi. Moins de découvertes, moins de matériel, mais du coup, plein de mystère, et une époque fascinante!

Et puis à la fin de l’année, une fois mon diplôme obtenu, j’ai laissé tombé.

Pourquoi?
C’est un peu confus en fait. Il y a eu tout un tas de petites raisons, mais aucune n’est vraiment valable :

J’ai été énormément déçue par le chantier de fouilles que j’ai fait, par la mentalité des « vrais » archéologues que j’ai pu renconter…
J’ai eu un peu peur, en voyant l’investissement de ces archéologues, tout l’été durant loin de leur famille (et presque tous divorcés), alors que moi j’étais déjà en couple depuis un moment, plutôt fusionnelle avec mon chéri, et pas très motivée à l’idée de l’abandonner lui, et nos potentiels futurs enfants, plusieurs mois par an.
J’ai eu mal au genou en fouillant… Et j’ai découvert que j’avais un problème de ligaments qui nécessitait une opération pour que je puisse rester à 4 pattes 9h par jour (merci les chutes à l’athlétisme)… Sauf que j’ai eu peur de cette opération, et que je n’ai pas voulu la faire…
J’aurais dû partir à Nantes pour continuer dans la branche qui m’intéressait. Et sur plusieurs plans, c’était compliqué…

Mais avec le recul, je crois que la vraie raison, c’est que j’avais peur de me planter!
J’ai ce gros défaut, d’avoir une peur viscérale de l’échec. Du coup si je ne suis pas sûre de moi, j’ai tendance à ne pas vouloir essayer… C’est très con, mais à ce moment-là, je voyais se profiler 7 ou 8 années d’études devant moi, dans un milieu très bouché, où il me fallait obtenir les félicitations du jury le jour de ma thèse pour espérer avoir peut-être un boulot après, si un des enseignants en place prenait sa retraite…
7 ans, c’est très long quand on a 20 ans! Et il y avait tellement de « si » avant d’obtenir un travail, que j’ai fait marche arrière.
Je voulais travailler, et vite. J’avais envie et besoin d’être indépendante, d’entrer dans la vie active, de pouvoir m’installer avec mon chéri, d’être une adulte…
J’étais trop pressée sûrement…

Du coup, un peu sur un coup de tête, j’ai décidé que je ne continuerais pas. J’ai décidé que je deviendrais instit. Et quand je vous dis que c’était sur un coup de tête, c’est parce que j’ai décidé tout ça en une soirée…

Ça a été une décision difficile, parce que les autres n’ont pas forcément compris mon choix. Mon prof d’archéologie celte était étonné, il m’a même demandé si c’était de sa faute si j’abandonnais… Et pour mes amis, être archéologue, ça avait l’air super cool. Ils ont été déçus, m’ont dit que c’était dommage, que j’étais faite pour ça. Et le pire, c’est que je crois bien que j’étais faite pour ça! Vraiment! Mais quand on a la trouille…

Je me suis donc donnée une année pour réfléchir, j’ai bifurqué en histoire, pour obtenir une deuxième licence (et j’ai détesté cette année en histoire, où tout était très cadré, pointé, enfermé, rien à voir avec l’archéologie). Mais j’avais pris l’option enseignement. Et un stage en école dans une classe de CM2 m’a convaincu.

Alors j’ai passé le concours. J’ai demandé la Seine St Denis, parce que je voulais enseigner dans les cités…
Et j’ai adoré.
J’ai adoré préparer le concours, j’ai adoré le passer, j’ai adoré mon année de stagiaire (enfin, pas tout, mais la plupart de mon année ;)).

Je ne mentirais pas en disant que j’ai adoré mes premières années d’enseignement, parce que j’étais à l’autre bout du département, et que les heures de trajet me déprimait. Mais mon métier en lui-même me plaisait énormément.

Et aujourd’hui encore, je m’éclate toujours autant à préparer des projets, à me retrouver face à une classe…

Mais tout au fond de moi, j’ai toujours ce petit regret, et cette question qui me trotte dans la tête : « Et si j’avais continué? »

Alors peut-être qu’un jour, quand les enfants seront ados et qu’ils auront moins envie que je sois dans leurs pattes, je finirais mon master, pour voir ce que ça pourrait donner?

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En fait, c’est parce que je voulais faire comme lui ;)

Et vous alors, vous vouliez faire quoi quand vous étiez petits? Et finalement, vous faites quoi?

7 Commentaires

  1. Retour PingPourquoi j’ai donné à ma fille le prénom d’une princesse maudite… – Ma vie de maman louve

  2. oh comme je la comprends cette trouille!!! j’ai trouvé ton témoignage génial à lire et puis oui qui sait dans 10 ans ce que tu feras :)

    • Merci, et oui, on ne sait pas de quoi l’avenir est fait! Je l’aurais peut-être, mon chapeau d’Indiana Jones 😉
      Toi aussi tu la connais cette trouille? Elle est pénible hein!

  3. J’ai l’impression de me retrouver un peu dans ton histoire… Même si ma passion pour l’archéologie a été plus tardive (vers 13-14 ans, lors d’un voyage en Grèce !)
    Si ça se trouve, on s’est croisées à la Sorbonne… tu étais Paris 1 ou Paris 4 ? Ma spécialité était l’archéologie gallo-romaine… mais j’adorais aussi la période médiévale ! Ce qui m’intéressait, c’était la métallurgie…
    Mais mon sujet de mémoire de maîtrise (digne du lac de Paladru…), et d’autres faits plus personnels m’ont fait abandonner.

  4. Hihi ! La blogosphère est un regroupement d’archéologues à ce que je vois.
    Pour moi il ne s’agissait pas d’une passion. Non, ma grande passion et ce qui me faisait vibrer c’était l’histoire. Mais pour mon master j’ai voulu élargir mes horizons et j’ai fait un master pluridisciplinaire Histoire et Archéologie.
    La description que tu fais des archéologues est ce qui m’a vite fait retourner aux sources et à ma bonne vieille fac d’histoire. Beaucoup étaient devenus aigris par les difficultés de mener de front leur vie personnelle et leur métier. C’est aussi un milieu très misogyne…
    En revanche j’ai aimé la plupart des chantiers auxquels j’ai participer. Etre au grand air et me dépenser physiquement, cela me plaisait !

    • Ha! C’est drôle, car au quotidien, je ne tombe que rarement sur des passionnés d’histoire ou d’archéo!
      Je te rejoins complètement! Fouiller, c’est génial, encore plus quand on trouve des trucs 😉 Mais effectivement, beaucoup d’aigris et de misogynes…

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