Motricité libre ?

Il y a quelques temps, alors que je fouinais sur internet pour trouver des réponses à mes questionnements quant à la grande débrouillardise de ma petite louve, je suis tombée à plusieurs reprises sur cette expression : la motricité libre.

Je me suis un peu penchée sur le sujet, pour voir, et je me suis rendue compte qu’il s’agissait de principes que nous appliquions, pour la plupart, déjà, sans le savoir.

Pour ceux qui ne connaissent pas, en gros, c’est un courant de pensée qui considère qu’il faut laisser l’enfant libre de ses mouvements. Il ne faut pas entraver son développement en lui imposant des positions qu’il ne sait pas encore faire. Au contraire, il faut le laisser expérimenter seul.

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« La liberté motrice consiste à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant, sans lui enseigner quelque mouvement que ce soit. » Emmi Pikler.

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller voir ce site, très intéressant, de l’association Pikler Loczy.

Les principes de base :

  • On installe toujours le bébé sur le dos, sur un tapis de sol (pas trop mou pour qu’il n’ait pas de difficultés à se déplacer). Dans cette position, il est détendu, peut voir ce qui l’entoure, jouer avec ses mains et ses pieds, sans être gêné.
  • On sécurise les lieux pour que bébé puisse circuler librement.
  • Les jouets sont à la portée de bébé, pour qu’il puisse y accéder sans aide.
  • On n’aide pas l’enfant à s’installer dans une position qu’il ne connaît pas (il ne faut pas le mettre assis s’il ne sait pas encore le faire, ni le faire marcher en lui tenant les mains… par exemple).
  • On évite les transats, trotteurs, youpala, qui entravent les mouvements de bébé.
  • On évite le parc, une fois que l’enfant se déplace, car son espace y est très restreint.
  • On évite de l’effrayer avec des « Attention! » « Tu vas tomber » qui vont l’empêcher d’avoir confiance en lui.
  • On fait confiance, mais on surveille quand même 😉

Comment ça se traduit dans mon quotidien…

Pour ma part, j’avoue ne pas avoir respecté tous ces principes, d’abord parce que je ne les connaissais pas au moment où il aurait fallu, ensuite parce que chacun d’entre nous a ses propres contraintes.

Ce que je ne savais pas, et que je regrette (un peu) d’avoir fait, c’est d’avoir tendu les bras pour qu’ils essaient de marcher en venant me voir. En effet, en faisant ça, mes petits loups avançaient en « zombie », les bras tendus en avant. Or, pour avoir un bon équilibre, il vaut mieux les tendre sur les côtés… Bon, ça ne les a pas empêché de trouver leur équilibre, mais ça aurait probablement été plus facile pour eux …
Et ce n’est pas tout!  Mes deux louveteaux ont passé des moments (courts, mais assez fréquemment) dans le transat, ils ont beaucoup rigolé dans leur sauteur (encore une fois, ils y restaient très peu de temps, mais demandaient à y aller souvent), et ils ont été dans le parc bien après qu’ils sachent marcher (parce que le grand frère jouait avec des jouets dangereux pour sa petite sœur, parce que je devais sortir la poubelle, ou donner la douche au grand frère…).

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Et hop! Premier retournement dans le parc :)

Malgré tout, je pense que l’esprit de la motricité libre est bien présent chez nous. Leur principal espace de jeu est le sol, avec ou sans tapis, nous avons toujours essayé de respecter leur rythme de manière spontanée. On les laisse pieds nus le plus possible ou en chaussons souples (ceux de décathlon sont top si vous en cherchez)
Et surtout, on essaye de limiter les « Tu vas tomber! » « Attention! » et autre « C’est dangereux! » (erreur que je faisais énormément avec mon louveteau, et que j’essaye de ne pas reproduire avec ma puce). Au contraire, on essaye de l’encourager, de lui dire qu’elle en est capable. En cas de chute, on la laisse se relever seule (sauf si c’est une grosse chute hein…).
J’ai également découvert très récemment que nous avons toujours pratiqué le « bain libre ». Sous cette dénomination mystérieuse se cache tout simplement le fait de laisser barboter bébé dans la baignoire sans anneau/transat/cale-bébé de bain. En fait, c’est tout simplement de remplir la baignoire de quelques centimètres d’eau, et d’y allonger bébé sur le dos (pour être tout à fait honnête, c’est plus par praticité que dans un esprit de liberté pour mes loulous que j’ai fait cela…). Mais je dois bien admettre que grâce à cette manière de se baigner, mes deux louveteaux adorent l’eau et y sont relativement à l’aise (tant qu’il n’y a pas de vague ;)).

En revanche, je trouve un peu effrayant la nouvelle mode sur les réseaux sociaux et ailleurs, de s’extasier devant des petits bouts qui se mettent en danger, en appelant ça de la motricité libre…
Non, un enfant qui escalade un réfrigérateur ou qui se tient en équilibre sur un meuble télé, ce n’est pas de la motricité libre…

C’est un peu le même problème qu’avec « l’éducation bienveillante », que l’on assimile à tord à du laxisme. En donnant cette image de la motricité libre, on va l’assimiler à un laisser-faire de la part des parents.
Et c’est là que je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas parce qu’on laisse son enfant explorer le monde à son rythme, découvrir son corps spontanément et sans entrave, que l’on va le laisser faire tout ce qu’il veut! Au contraire, on l’accompagne, on est présent et on lui explique les interdits.
Je ne laisse pas ma fille se mettre debout et essayer de sauter sur le canapé (à son grand regret), tout simplement parce que le canapé n’est pas un endroit stable pour faire cela, une chute est vite arrivée et elle pourrait se faire très mal!

Mais quels sont les avantages à pratiquer la motricité libre ?

 

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Pour ce qui est de l’aisance, y a pas à dire, la demoiselle est à l’aise…

A priori, les enfants seraient plus à l’aise avec leur corps, auraient plus d’aisance et tomberaient moins. Ils seraient plus aptes à savoir ce qu’ils peuvent faire ou non, et éviteraient donc de se mettre en danger eux-mêmes…

Et puis rassurez-vous, motricité libre ne veut pas dire être distant avec son enfant! Au contraire, c’est très complémentaire avec le portage, la preuve, je suis une véritable maman kangourou :)

Alors, et chez vous, ça se passe comment ? Est-ce que vous venez de découvrir que vous pratiquiez la motricité libre? Ou pas du tout? 

8 Commentaires

  1. Nous aussi avons ete seduits par la motricite libre. C’est pratique pour les parents et motivant pour les enfants. Nous sommes tres positifs la dessus! Je trouve que ca a aide nos enfants a prendre bien en compte leurs capacites limites physiques (meme si je passe pour une mere horrible sur les jeux d’enfants ou je les laisse tout essayer alors que beaucoup de parents encadrent plus leurs petits).
    Bien entendu, il me semble necessaire de securiser l’environnement, et d’encadrer, meme de loin, l’ensemble des activites. La motricite libre ne veut pas dire qu’on laisse ses enfants jouer au bord d’une falaise 😉

  2. Nous aussi, pour notre fille, nous l’avons laissée libre de ses mouvements. Elle avait son tapis d’éveil au sol, mais pas de parc, ni de trotteur. Elle rampait un peu partout dans la maison, mais nous gardions toujours un oeil sur elle, ça va de soi.
    Par contre, monter sur les meubles ou les chaises, non, je ne suis pas d’accord. Une chute est si vite arrivée, je ne préfère pas tenter le diable.
    Merci pour cet article intéressant.
    Bonne journée

    • Je suis bien d’accord! Il faut laisser une liberté, mais il y a des règles à respecter, et je crois que les enfants, aussi petits soient-ils, les comprennent très bien (après, ils essaient quand même de les enfreindre… Ma puce en ce moment sait pertinemment que je ne veux pas qu’elle s’asseoir sur le meuble télé, et fait mine d’y aller en me regardant, pour tester ma réaction… La chipie ^^)

  3. Pour ma fille, il y a 6 ans, on ne connaissait pas vraiment ce principe de motricité libre… du coup, elle a été souvent en transat. Je ne sais pas si c’est la cause, mais elle n’a marché qu’à 18 mois. On était toujours un peu trop sur elle, de peur qu’elle se fasse mal, etc… C’était la première.
    Pour mon fils, on a laissé faire les choses beaucoup plus simplement et librement. En plus, à la crèche, ils sont souvent par terre aussi. On a vraiment remarqué la différence au niveau moteur entre les 2 enfants… après, est-ce que c’est vraiment dû à la motricité libre ou simplement à leur façon d’être… on ne le saura jamais. :p

    • Oui, je ne suis pas sûre non plus que ça joue sur la marche, puisque mon premier n’a marché qu’à 15 mois, alors que la deuxième a marché à 10 mois… Pourtant, nous avons fait pareil avec les deux. Je crois que c’est plus une question de tempérament. En revanche, je pense que ça joue sur l’équilibre, sur l’habileté de l’enfant…

  4. Je pense que la motricité libre ne fait pas tout non plus, cela dépend aussi des enfants et de leur motivation. Certains sont moteurs avant le langage et vice-versa. Mais je pense quand même que c’est meilleur pour leur confiance et leur maîtrise de découvrir par eux-même et sans qu’on les force quand ils ne sont pas encore prêt. Plus important que la motricité libre, je trouve que c’est l’écoute des besoins et envies de l’enfant.

    • Oui, c’est sûr que la motricité libre ne fait pas tout! Mon fils a marché à 15 mois, et ma fille à 10, alors que nous avons fait pareil pour les deux. Mais tu as raison, et je pense qu’en respectant leur rythme naturel, ils auront plus confiance en eux et connaîtrons mieux leur corps.

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