Le vendredi de l’horreur…

Je ne voulais pas publier d’article aujourd’hui, j’avais annulé la publication de celui qui était prévu, car je n’avais pas le cœur à ça.
Et puis j’ai eu besoin de poser des mots sur ce que je ressens, parce que ça ne passe pas.

Depuis hier soir, j’ai le ventre noué, j’ai la nausée et les larmes aux yeux en permanence.
Certes, il n’y a pas de mots suffisants pour évoquer ce qui s’est passé, mais j’en ai besoin!

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Hier soir, j’étais chez des amis, on rigolait bien, les enfants s’amusaient, et puis on les a couché, tard… Et quand je suis revenue dans le salon, après avoir couché mon petit loup à côté de sa copine, le cœur rempli de tendresse et de joie devant leur complicité… J’ai découvert avec horreur les images sur l’écran. Un SMS envoyé à une de mes amies, on allume la télé, et la panique nous avait envahi.
Quand j’ai lu les titres sous les images, mon sang n’a fait qu’un tour : République, rue de Charonne, le Bataclan… Ma soeur? Elle y habite, elle sort boire un coup le soir avec ses amies… Vite, je l’appelle… Ouf, cette fois, elle faisait une soirée chez elle, c’est déjà ça…

Ensuite, on écoute un peu, on réalise l’ampleur de l’horreur… On attend, la peur au ventre, que le Bataclan soit libéré…
On va sur Facebook… Oui, je sais, c’est con, mais c’est aussi le moyen le plus rapide d’avoir des nouvelles de tous nos proches… Et là, on découvre des partages insoutenables, des messages de personnes piégées dans la salle de concert… Des appels au secours… Les mots « Carnage », « Boucherie », « Massacre » qui reviennent sans cesse.

Alors on pense à tous ces innocents massacrés, blessés, à leurs proches, dont les vies sont brisées… On réalise qu’encore une fois, après les innocents décapités en direct sur internet, après Charlie Hebdo, après la Tunisie, après la Libye, après tous les carnages, on continue de grimper dans l’horreur, à nouveau à Paris…

A chaque fois, on se dit que c’est la fois de trop, on a de plus en plus de mal à le surmonter… Et cette fois, je n’y arrive pas… C’est chez nous, c’est là qu’on sort, qu’on va boire un coup, ce sont les concerts que l’on va voir. Oui, cette fois, on a eu de la chance, mais ce n’est pas le cas de tous ceux qui y sont restés… Dans 10 jours, c’est nous qui serons à un concert de métal… Hier soir, ça aurait pu être nous… Alors oui, c’est égoïste, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser toute la nuit : nos enfants auraient pu être orphelins hier soir… Et il y a plusieurs enfants qui le sont aujourd’hui! Il y a plusieurs veufs et veuves aujourd’hui! Il y a plusieurs parents qui ont perdus leur enfant aujourd’hui! Il y a plusieurs frères et sœurs qui ont perdus le leur aujourd’hui!

Aujourd’hui, j’ai peur, pour moi, pour mes enfants, pour tous les humains… Parce qu’on ne raisonne pas la folie, parce que ce n’est pas une histoire de religion, c’est une histoire de connerie! Des cons, il y en aura toujours! Et la connerie, c’est contagieux, et ça ne se soigne pas…
J’ai peur de demain, j’ai peur de cette guerre… J’ai peur de l’avenir. Quel monde vais-je laisser à mes enfants?!

Et je ne veux pas de ça. De la tristesse, oui, c’est indiscutable! Mais je ne veux pas avoir peur, je ne veux pas leur donner cette satisfaction! Je veux continuer à sortir, à profiter de la vie, à chérir chaque instant avec mes proches, parce que tout cela est si fragile, et pourrait s’arrêter à tout moment…
Aujourd’hui, je pleure, je suis en deuil!
Mais demain, je me forcerai à reprendre le cours normal de ma vie, à rire, pour moi, pour mes enfants… Ils ne faut pas qu’ils nous enlèvent ça!

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2 Commentaires

  1. Tu as raison, continuer a vire mais avec de l’insouciance en moins c’est sur…quelle horreur, pas de mots, des larmes pour moi hier toute la journee, quel monde laissons nous a nos petits loulous??

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