La louve sort ses griffes

Je savais qu’avec l’école allaient arriver de grands bouleversements. Je m’attendais à ce que Mini-loup change un peu de comportement, « enrichisse » son vocabulaire de quelques mots vulgaires. Mais au final, il n’a pas tant changé que ça.

Par contre, il a rencontré les terreurs des bacs à sables…

La semaine dernière, chaque jour un nouveau bleu, ou une griffure. Rien de bien inquiétant après tout, quand des enfants jouent, ils peuvent s’emporter et avoir un geste un peu brusque. Je suis bien placée pour le savoir, j’en sermonne tous les jours dans la cour de récréation. Mais vendredi, je découvre mon mini-loup avec une énorme marque sur le front, cachée sous ses petits cheveux…

Et là, je dois l’avouer, mon coeur a bondit dans ma poitrine! Qui a osé faire cela à mon petit loup? Pourquoi la maîtresse ne m’a rien dit? Un coup à la tête, ce n’est pas anodin, surtout avec une marque pareille…

Du coup je demande à mon petit loup des détails. Il m’explique que c’est toujours ce même petit bonhomme, H., qui l’a écrasé par terre, s’est mis sur lui et lui a tapé la tête par terre…

Et là, j’imagine la scène, et mon coeur se serre encore un peu plus.

Un tas de pensées s’entrechoquent dans ma tête… J’ai envie de hurler. Je vais aller voir la maîtresse? J’ai envie d’attraper les parents de ce petit tortionnaire, qui s’acharne sur mon fiston depuis une semaine (parce que c’est ce même petit H. le responsable de tous les bleus et griffures de mon loulou…). J’ai même envie d’attraper ce petit monstre et de lui dire moi-même ce que je pense de ce comportement (mais je ne le ferai pas! Je sais que ce n’est pas bien, pas une solution…Mais j’en ai quand même envie!).

Bon, je respire un grand coup, je regarde encore une fois mon petit loup, qui lui n’est pas traumatisé pour un sou. Je respire encore une fois, et je lui pose encore quelques questions. J’apprends donc que ce petit bonhomme est souvent puni, qu’il s’en prend un peu à tout le monde (même à sa glace à la cantine visiblement, ce qui a l’air de plus choquer mon loulou que le fait qu’il le tape!). Et je me rappelle l’avoir déjà vu à la sortie de la classe, avec la maîtresse fâchée, qui lui avait confisqué son doudou, et expliquait à la maman qu’il s’en servait pour taper sur les enfants…

Déjà, ça me rassure (oui, c’est un peu bizarre comme réaction). Je me dis que ce n’est pas un acharnement contre mon fiston, qu’il est comme ça avec tous les enfants. C’est bête, mais ça m’embête (un petit peu) moins.

Mais bon, je me dis que du coup, la maîtresse sait déjà que le morpion n’est pas très sympa, elle le punit, mais elle n’a pas non plus une grande marge de manœuvre, du coup il peut continuer à faire du mal à mon loulou…

Alors je demande à mon Mini-loup ce qu’il fait lorsque H. l’embête, il me répond : « je lui dit que c’est pas bien et qu’il va aller au coin! ».

Et là, quand je l’entends me dire ça de sa petite voix, les mains sur les hanches avec ses gros yeux qui n’effraient personne, la louve qui sommeille en moi ne peut pas se retenir… Je décide de lui apprendre à se défendre. Chose que je ne cesse de dire aux parents de ne pas faire (mais que peut-être je ne leur dirais plus ;-)).
Je lui montre comment pousser, crier après cette petite terreur, j’essaie de lui expliquer qu’il ne faut pas se laisser faire, tout en espérant qu’il ne va pas se mettre à pousser et crier sur tous les enfants qui l’approchent…

8 Commentaires

  1. Ho merde pauvre loulou . Oui Arthur n est pas violent et méchant pour un sous alors bon des foi c des gamins qui sont pas bien dans leur tete et dans leur famille et qui s exprime par la violence. Sa n excuse en rien par contre. Mon ours aussi au début ne comprenner pas pk N s en prenner a lui des qu on sorte et le pousser pour lui piquer c . maintenant avec le temps il repond(pas bien mais bon j aime pas qu il devienne la victime) bon il fait pas le poid l autre gamin fait une tete de plus et 2 foi son poids mais il réagit. Tu devrai en parler tous de même a la directrice mètre les chose au clair.

    • Oui, je l’ai vu aujourd’hui, et on a un peu discuter. Mais juste avant que j’arrive, elle était déjà en train de parler à la mère du fameux gamin, et apparemment, c’est compliqué. Du coup elle m’a confirmé que ce n’était pas dirigé contre mon loulou, qui de son côté ne se laissait pas tant faire que ça 😉 Donc je suis un peu rassurée, et je me dis que le petit H. va aussi sûrement se calmer, on va lui laisser un peu de temps, mais je reste quand même sur le qui-vive, et mon mini-loup a bien intégré qu’il pouvait se défendre (un peu) quand on l’attaquait!

  2. Ohlalalala! Comme je te comprends! Ca doit être tellement dur ce genre de situations :/ Je n’ose même pas imaginer. Courage!

    • Avec un peu de recul (et surtout après avoir discuté avec la maîtresse), ça va. Mon fils n’est pas traumatisé, loin de là (même si il a vu le petit H. à la sortie de l’école, et il était tout stressé, à me le montrer du doigt en criant que c’était lui, qui le tapait, il fallait absolument que je regarde!)
      Mais bon, ce n’est pas le bouc émissaire de sa classe, il est épanouit, a des copains, et fait lui aussi quelques bêtises. Alors je relativise, même si je reste sur mes gardes hein! Je reste une maman louve 😉 Pas touche à mon louveteau!

  3. c’est malheureusement dans toute les école pareil :(

  4. Moi qui suit dans 2 écoles fondamentales comme bibliothécaire et mère d’un fils de 3 ans dans une 3e école, je dirais que punir cet enfant difficile est totalement contre productif, et je vais raconter une anecdote qui m’est arrivée. J’arrive dans une classe d’accueil donc de 2,5 ans, je discute avec les instits quand un petite se met à pleurer, elle explique que c’est un tel gamin qui l’a mordu. Sur ce les instits le prennent à part, lui font la leçon, et y en a même une qui l’a un peu mordu … parce qu’il faut savoir que depuis qu’il est arrivé à l’école, il mord tout le monde, donc ça arrive plusieurs fois par jour, et on me montre sur les mains et joues d’autres enfants qui ont été blessés 3 jours avant, que les marques sont encore là ! Le gamin est mis à part, il ne parle pratiquement pas français et ne fait que répéter maman en pleurant. Les instits m’expliquent que ses grands frères et soeurs sont venus dans l’école et que ce sont des anges, mais que le 3e, la mère s’en plaint en disant qu’il est impossible, que c’est le diable …
    Du coup, je vais m’asseoir sur une chaise et je prends le gamin sur les genoux pour essayer de le calmer, je lui parle très doucement, en verbalisant ce qu’il peut ressentir : oui tu aimerais bien ta maman pcq tu es triste et en colère et tu aimerais bien que ta maman elle joue avec toi et elle s’amuse avec toi, et tu aimerais bien être sage, parce que tu sais bien qu’on ne peut pas mordre parce que ça fait mal, d’ailleurs toi aussi tu as mal … et d’autres phrases du genre. Les instits n’étaient pas trop d’accord avec ma méthode, mais comme c’est une bonne équipe, elles m’ont quand même laissé faire, quand le gamin fut totalement calmé, j’ai terminé en lui disant que si quelque chose ne va pas il faut parler et se faire comprendre autrement, parce que mordre on ne peut pas, ou alors on mord un jouet, mais pas une personne. Après je suis partie, et je suis revenue quelques heures plus tard, demander comment ça se passait, et aussi le lendemain, cet enfant ne mord plus. Et je suis fière de moi, parce que j’ai appliqué ce qu’il fallait, comme il fallait et que la souffrance de cet enfant a été entendue, ce qui l’a soulagé.
    Beaucoup de livres et autres blogs de parentalité et éducation positive et bienveillante diront que c’est justement quand un enfant mérite le moins l’amour qu’il en a le plus besoin, parce que justement l’amour cela doit être inconditionnel, même vis à vis des enfants des autres … c’est ça qui les répare, c’est ça qui les pousse à grandir sainement. Cela a pris 10 min maximum, et c’est une piste à creuser pour le terreur du bac à sable. Parce que c’est quelque chose dont on a pas toujours conscience, mes les articles sur le harcèlement chez les adolescents vont dans le même sens : en cas de harcèlement il y a au moins deux enfants en souffrance : le bourreau et la victime !

  5. Sur le fond, je suis totalement d’accord avec ce que tu dis, et c’est ce que moi-même j’essaie de faire avec mes élèves (et avec mes enfants). Ca fonctionne plus ou moins bien, car souvent, le mal-être est très profond (surtout dans les coins où je bosse, où les situations familiales sont parfois assez dramatiques). En ce moment j’ai le cas, un petit de 4 ans qui se jette par terre en hurlant, lance ses chaussures et les chaises sur ses camarades, tape, griffe, hurle sur les autres enfants… Petit à petit, à force de verbaliser, il se calme, il tisse un lien avec moi qui lui permet de s’apaiser, il a besoin de repères, et je les lui donne.
    Mais je suis aussi obligée de l’isoler parfois, car j’ai 24 autres loustics qui sont là aussi, qui ont besoin de moi et je suis seule avec eux. Donc quand il se met à hurler pendant que les autres sont en séance de langage, j’essaie de le calmer rapidement, mais ça ne fonctionne pas toujours, donc je l’isole, pour qu’il se calme. Ce n’est pas parfait, mais on n’a pas toujours le choix, ni la patience (parce que pendant que j’essaie de le calmer, les autres loulous eux, montent aussi dans les décibels, après tout, y a pas de raison ;-))
    J’ai d’ailleurs été étonnée, lors de la visite de la psy dans ma classe pour ce fameux loulou, qu’elle me dise que j’étais trop gentille avec lui… (comme un reproche hein! Visiblement, la bienveillance n’est pas forcément bien vue).

    Je suppose que la maîtresse de mon fils ne fait pas que le punir sans discuter avec lui, mais je me vois mal aller interférer dans sa manière de faire. Ce n’est pas ma collègue, c’est la maîtresse de mon fils.
    Je ne la connais pas, et j’aurai bien trop peur qu’elle prenne mon fils en grippe (je sais, c’est une réaction con, mais ca peut arriver, certains associent l’enfant à son parent, du coup si je la gonfle, elle pourrait être gonflée par mon fils).
    Et personnellement, je prendrais très mal qu’un parent d’élève vienne me dire comment faire avec un enfant turbulent (ça m’est arrivé dans l’autre sens, où un parent est venu râler car il trouvait que je devais interdire de récréation un enfant de ma classe, qui en l’occurrence avait un handicap…).

    • Tu a bien raison Claire laisse la faire es tu Vera bien comment sa se passe au fur et a mesure. Ton loulou parle bien et poura un peut te raconte sa journee et voir si H s en prend encore a lui. Nous aussi on en a un aussi dans se genre tape mort griffe et bon je peut comprendre que se soi dure pour les maitresse a gère ses enfants sachant qu il manque aussi une avs . Le principal c que ton petit loup se sente bien dans sa classe et avec c camarade apres il y a toujour quelque élément perturbateur.

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