Je rêvais d’un autre monde …

Cette semaine, j’étais chez mon grand-père, en Franche-Comté.
Vendredi, nous nous sommes levés tôt, et avons pris la route pour l’Allemagne, direction Europapark.
Déconnectés l’espace d’une journée, nous avons passé des moments merveilleux.
Mais le soir, une fois la frontière passée, et la 3G réactivée… L’horreur nous a rattrapé.
Une fois de plus, des dizaines de morts, des centaines de blessés, à cause de la folie de quelques uns…

En lisant la nouvelle, je me suis dit « Encore?! »
Et c’est cet « encore » qui me noue l’estomac… Est-ce qu’on finira par s’habituer à cette violence? Est-ce que ça va continuer à faire partie de notre quotidien?

Je sais que dans bien d’autres endroits, c’est le quotidien de milliers de gens, de vivre dans l’horreur, au milieu des bombes et des balles…
Mais soyons honnête, c’est loin de nous, tout ça. On lit l’info dans les journaux, ça nous attriste, ça nous écœure mais, c’est triste à dire, on arrive à vivre avec, à en faire abstraction dans notre quotidien!
Je suis probablement égoïste, mais je ne me sens pas prête à porter toute la misère de notre monde malade sur le dos… Du coup, au quotidien, j’occulte ça, et je me concentre sur les beaux moments…

Mais désormais, ça touche ces beaux moments… Les terrasses, les concerts, les feux d’artifice… Tous ces moments de détente en famille ou entre amis, balayés en un instant par un fou…

Nous sommes en guerre? Mais en guerre contre des lâches, qui ne savent pas se battre à la loyale, si tant est qu’il y ait une manière loyale de se battre, ce dont je doute fortement…

Je ne suis pas croyante, alors je ne crois pas en une vie meilleure après la mort. Mon paradis, il ne peut être qu’ici, alors je refuse qu’ils viennent me le pourrir!
Ce n’est pas le monde dans lequel je veux vivre!
Ce n’est pas le monde dans lequel la petite fille que j’étais s’imaginait grandir!
Ce n’est pas le monde que je veux pour mes enfants!

Je ne veux pas qu’ils grandissent dans la peur des autres, je veux qu’ils jouent, rient, s’épanouissent et puissent s’ouvrir aux autres sans méfiance… Malheureusement, cela relève de l’utopie. Ça a probablement toujours relevé de l’utopie, mais c’est ainsi que j’ai grandi…
Je voudrais qu’ils aient le même sourire et la même joie de vivre que moi à leur âge!

Une fois de plus, et une fois de trop, j’ai versé des larmes pour toutes ces familles détruites, ces vies bousillées…
Une fois de plus, j’ai peur de l’avenir pour mes enfants…
Mais une fois de plus, nous nous relèverons, parce qu’on se relève toujours, meurtris, tristes, avec dans un coin de notre cœur tous ceux qui ne pourront plus profiter de la vie, mais avec toujours cette insatiable soif de vivre, quoiqu’il en coûte!IMGP1595

 

Parce que notre monde est fou, et qu’on ne peut malheureusement pas y faire grand-chose, continuons à vivre, à rire et à aimer, comme si demain n’existait pas!
Mais aujourd’hui, le cœur n’y est pas, alors j’ai une grosse pensée pour tous ceux qui ont perdu un bout de leur bonheur jeudi soir!
Image du Blog joliscoeurs.centerblog.net

10 Commentaires

  1. Comme tu le dis c’est horrible et on n’arrive pas à imaginer laisser ce monde à nos enfants… :’-(

  2. Boutillier Jacqueline

    Nous assistions au feu d’artifice à Dreux, un concert précédait, il y avait beaucoup de monde bien entendu, alors que la nuit tombait et que les gens arrivaient toujours en regardant cette foule dans la joie je me suis dit et si? le spectacle magnifique a commencé et j’ai été enthousiasmée mais lorsque au retour dans la voiture nous avons appris!!! D’abord j’ai refusé la nouvelle en pensant à un retour sur info, Mais non ce n’était pas possible un jour de 14 juillet, les larmes me sont montées aux yeux!!! Je refuse de baisser le tête mais j’ai mal pour tous ces gens qui souffrent, oui tu as raison le paradis doit être ici…

  3. Comme toi, je me pose des questions sur l’état de ce monde lorsque mon fils sera à son tour adulte. Beaucoup de tristesse, d’interrogations sur la sécurité sur la folie… Où va t-on? Je suis nostalgique aussi car il n’y a pas si longtemps (ou si) enfant je n’ai jamais eu peur de sortir. Aujourd’hui il faut réfléchir à deux fois pour tout et le fait de voir beaucoup de monde dans un lieu me donne parfois des crises d’angoisse… Bien sûr il faut avancer mais on a l’impression de subir depuis quelques mois.

  4. La tristesse, le ventre noué, l’angoisse… oui, pour nous les adultes, mais avant tout construire des bases de bonheur solides pour nos petits, sans culpabilité pour les bonheurs cueillis, les rires et la joie…

  5. Idem… la tristesse pour ceux qui ont perdu la vie… la volonté de vivre parce que les fous ne peuvent pas l’emporter… c’est pour ça qu’en guise de réaction j’ai écrit un billet autour des cabanes, les cabanes un lieu où nos enfants peuvent continuer de rêver… Pas anodin, ma fille de 15 ans m’a demandé après la tragédie Nice « mais dans quel monde est-ce qu’on grandit? terrorisme, morts, crise, chômage, dettes, morts, on entend que ça… »

  6. Ton article me renvoit à pas mal de questions que je me pose depuis la naissance de ma petite ogresse. J’essaie de l’entourer d’amour et d’optimisme mais je redoute les questions qu’elle me posera. Je ne suis pas sure d’avoir de rêponse devant cette violence absurde.

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