Est-ce égoïste de faire des enfants?

De temps en temps, au cours d’une discussion avec des amis, des membres de la famille, des collègues,il y a cette petite phrase qui est lancée : « Je suis bien contente de ne pas avoir fait d’enfant! Vu le monde qu’on leur laisse! »
Et il y a sa variante, un peu plus agressive, qu’on n’a jamais prononcé en face de moi depuis que je suis mère, mais que j’ai déjà lu plusieurs fois sur des forums ou d’autres blogs : « C’est complètement inconscient de faire un môme dans le monde d’aujourd’hui! C’est une décision égoïste! »

Alors c’est vrai, on ne vit pas dans un monde de bisounours, on n’a pas forcément besoin de peupler plus la planète pour survivre, et la société est pourrie jusqu’à la moelle…

Mais faut-il, pour toutes ces raisons, abandonner son souhait d’être maman?

Du coup, je me suis posée la question suivante : Pourquoi est-ce que moi, j’en voulais, des enfants ?
Réellement…

Est-ce que c’était pour faire comme tout le monde ? Pour avoir l’impression d’avoir fait quelque chose de ma vie ? Laisser une empreinte ? Que quelque chose me survive ?

Est-ce que c’était mon instinct animal ? Est-ce que j’ai cédé à la pression de la société qui dit qu’à partir d’un certain temps en couple, il faut faire un enfant pour être considéré comme un adulte mature ?

 

Et bien je dois avouer que la réponse n’est pas simple à formuler.
Je voulais des enfants. C’était une évidence pour moi. Ça l’a toujours été, mais je ne me suis jamais posée objectivement la question de savoir pourquoi j’en voulais…

Et en même temps, ça me rassure, de ne m’être jamais posée cette question!

Quand on vous demande ce que vous aimez chez votre amoureux/amoureuse, il n’y a pas de réponse facile, si ?

En tout cas, pour moi, c’est très long de répondre! Je ne vais pas m’amuser à énumérer tout ce que j’aime chez mon chéri! Surtout que j’aime aussi ces défauts, même s’ils m’agacent de temps en temps!
Non, c’est plus complexe que ça!
Je l’aime parce que c’est comme ça, et puis c’est tout!

Je ne peux pas l’expliquer, c’est juste parce que c’est lui, et parce que c’est moi!
Et bien pour cette envie d’avoir un enfant, c’est un peu ça… C’est comme ça, je ne me l’explique pas…
J’avais ce besoin viscéral d’avoir des bébés. C’était une évidence! Nul besoin de chercher une explication ou un sens à ça…

 

Mais maintenant que je suis maman, je sais!

Je sais pourquoi j’avais ce besoin…

Parce que depuis que je suis maman…

Mon cœur déborde toujours d’amour,

Je n’ai plus envie de fuir, je me sens capable de faire face à n’importe quoi,

Je n’ai plus peur de vieillir… Plus du tout, parce que vieillir signifie voir grandir mes enfants, et j’ai hâte de voir ça…

Je suis fière de ce que nous avons accompli, en tant que couple… Fière de voir nos deux louveteaux beaux, en bonne santé et débordant de vie…

Je porte sur le monde un autre regard… J’essaie d’en voir les plus beaux aspects, et de les leur montrer…

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Et puis, j’ai une mini-moi :p (oui, ma fille est mon sosie parfait, et mon fils est un mini-grand Loup! Alors pour le côté narcissique, on est vernis), et une bonne excuse pour faire l’andouille en public!

Bref, pour répondre à ma propre question, oui, c’est peut-être un peu égoïste de ma part d’avoir fait des enfants, parce que leur arrivée m’a rendue 10 000 fois plus heureuse…
Mais en même temps, en devenant mère, je me rends compte que je ne me fais plus passer au premier plan… Le plus important, c’est eux.
Comme à peu près toutes les autres mamans, je donnerais ma vie sans hésiter et sans regret pour eux… Être maman, c’est aussi passer chaque seconde de son existence à s’inquiéter pour quelqu’un d’autre… C’est étouffer et avoir le cœur brisé à chaque fois qu’il leur arrive quelque chose de mal… C’est ne plus pouvoir se passer d’eux et en même temps tout faire pour qu’ils deviennent autonome et assez bien dans leur peau pour faire leur vie à eux…

Alors est-ce qu’on peut vraiment considérer que l’on est égoïste lorsqu’on décide d’avoir des enfants dans ces conditions ?

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Vous me direz, ceux qui sortent ce genre de phrases, sont en général très potes avec ceux qui sortent ces autres affirmations « Non mais c’est super égoïste de ta part de ne pas vouloir d’enfant! Tu ne penses qu’à toi! »
Après tout, quoi que l’on fasse, il y aura toujours une âme bien-pensante pour nous dire qu’on a fait de la merde… Et qu’on aurait dû faire le contraire!
A ce compte-là, on s’en fiche, et on fait bien ce que bon nous semble!

Et vous, vous savez pourquoi vous vouliez des enfants? Ou pourquoi vous n’en voulez pas d’ailleurs!

10 Commentaires

  1. Et puis, parfois, c’est bon de faire les choses comme on les sent et de ne pas se poser de questions ! Parce qu’après tout, on n’est pas si malheureux, nous, malgré l’état du monde! Alors pourquoi ne pas parier sur une belle vie pour nos enfants?

  2. Très bel article et entièrement d’accord sur le cœur qui déborde! J’ai moi-même peur des fois du monde u’on va leur laisser…

  3. Pourquoi je n’en voulais pas ? Pour des milliers de mauvaises raisons qui en cachait une seule en fait : la peur.
    Pourquoi j’ai finalement eu un enfant ? Parce qu’un samedi chez la psy j’ai enfin posé les mots sur ce blocage très profond. Je suis sortie de là libérée de ma peur. En rentrant j’ai dit à mon mari « je suis prête ». A 18h30 le lendemain mon fils était conçu :).
    5 ans plus tard ça me paraît toujours aussi dingue car ce fut une véritable pulsion.

    • C’est génial d’avoir pu te débloquer ainsi! Et c’est vrai que ce n’est pas banal de l’avoir conçu aussitôt, c’est drôle comme anecdote! :)

      • Cela montre les pouvoirs absolument dingues de la psyché sur le corps. J’étais en fin de règles et reste persuadée que je me suis déclenché cette ovulation miracle. Conçu à 18h30, la nuit suivante ne fût qu’un interminable songe dans lequel je vivais la fécondation, le développement embryonnaire….
        Ma psy a pensé qu’il s’agissait de lâcher-prise. C’était encore plus fou que ça : c’était le début d’une grossesse que je peux dater à la minute près :)

  4. J’aurais pu écrire les même choses que toi. Et puis le monde d’aujourd’hui n’est pas pire que celui d’hier. Certes il y a des guerres comme de tout temps, certes il y a la misère comme depuis toujours sauf qu’il y a de moins en moins de miséreux, certes les ressources de la planète s’amoindrissent mais maintenant on y fait plus attention. Le monde n’est pas pire aujourd’hui qu’en 1945, le 8 mai dernier était là pour nous le rappeler. Certes j’ai peur pour mon enfant, certes j’espère un avenir plus lumineux mais si je pensais réellement que notre monde était en perdition, je n’aurais pas voulu d’enfant.

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