Comment j’ai foiré mes allaitements …

Aujourd’hui, j’ai envie de parler allaitement, et plus précisément de comment j’ai foiré non pas un mais mes deux allaitements!

Je voulais allaiter.

Pour moi, c’était une évidence depuis toujours, et je me disais que de toute façon, c’était naturel, instinctif, et que ça irait tout seul!

Mais en fait, ça ne s’est pas totalement passé comme ça…

Pour mon premier petit loup, j’ai été déclenchée, parce que bébé n’était pas pressé de sortir, qu’il avait un bon gabarit et que mon médecin voulait éviter la césarienne… Je ne sais pas si ça peut avoir un lien quelconque, mais ma montée de lait ne semblait pas non plus être prête à arriver…

En bonne nounouille que je suis, je ne m’étais pas spécialement renseignée sur l’allaitement. J’avais suivi le cours de préparation spécial allaitement, mais à part nous dire qu’il ne fallait pas se focaliser sur un allaitement au sein, et que si ça ne fonctionnait pas, il y avait toujours le biberon… (et pourtant, c’est une maternité PRO-allaitement…).

Du coup je n’avais pas forcément réfléchi au fait qu’il fallait mettre bébé au sein le plus possible, pour permettre à la montée de lait de se faire…

Alors quand le loustic est arrivé, à 3h du matin, après 24h de contractions atroces provoquées par ce charmant tampon propess, et bien il était dans le même état que moi : épuisé!
La tétée d’accueil a duré une ou deux minutes, puis le petit loup a pleuré jusqu’à ce qu’on sorte de cette pièce trop éclairée, et s’est endormi aussitôt… Pour ne se réveiller qu’à midi.

Après m’être faite engueuler par les puéricultrices parce que je ne l’avais pas réveillé pour le nourrir, je l’ai mis au sein, il a tétouillé, puis s’est rendormi… Je l’ai réveillé, à contre-cœur pour le remettre au sein…

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Les 3 premiers jours, ça a été comme ça. Je le mettais au sein dés qu’il pleurait, mais il était assez « paresseux » pour téter (le terme ne vient pas de moi…). Du coup, il perdait du poids, ce qui (je l’ai appris plus tard) était normal, d’autant plus que c’était un gros bébé…

Mais comme il avait perdu plus du maximum autorisé, les puéricultrices ne voulaient pas nous laisser quitter la maternité.
Ma montée de lait n’arrivait pas, et elles me disaient qu’elle n’arriverait pas tant que je ne mangerais que la nourriture proposée par l’hôpital… (bah laissez moi partir alors, bordel!!!)

Et donc elles m’ont dit qu’il fallait compléter.

Pas vraiment le choix en fait, du coup on y est allé à la seringue… Et là, mon bébé s’est transformé, il engloutissait tout ce qu’on lui proposait, il tétait tellement fort qu’on n’avais pas besoin d’appuyer sur la seringue, qui était vidée en quelques secondes…

Inutile de vous dire qu’il a vite repris du poids… Mais il a aussi trouvé que c’était quand même vachement plus facile de téter une seringue ou un biberon plutôt qu’un sein…

J’ai tenu un mois, à alterner sein et biberon, et puis j’ai abandonné, sur les conseils de mon médecin, parce que je n’ai jamais eu cette fichue montée de lait, que ça me minait le moral de ne pas y arriver, et parce que je me gâchais les premiers moments avec mon louveteau!

Je l’ai hyper mal vécu, vraiment comme un échec. J’avais l’impression d’être nulle comme mère, parce que je n’arrivais pas à nourrir mon bébé. Je culpabilisais terriblement (là-dessus, mon doc m’a beaucoup aidé, même s’il était partisan de l’allaitement!)

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Du coup, quand ma petite louve est arrivée, je m’étais préparée à ce que ça foire…

Tellement préparée qu’en fait, c’est moi qui ai tout fait foiré cette fois!

La miss est arrivée toute seule, sans propess (merci ma puce!), pressée de sortir, et un peu plus goulue que son frère…

Un peu seulement. Elle a pris une bonne tétée d’accueil (je vous raconte pas comment j’étais trop fière), et tétait régulièrement, mais pas très longtemps, un peu comme son grand frère en fait.

Et elle a perdu du poids… Je n’avais toujours pas ma montée de lait au bout de 2 jours (ce qui me semble normal), mais elle avait elle aussi perdu plus du maximum autorisé.
Du coup, on m’a encore une fois imposé le complément (que j’aurais pris de toute façon, car je voulais rentrer chez moi pour retrouver mon cher et tendre et mon louveteau).

Mais devant mes larmes, la puéricultrice a décidé de s’occuper de moi, et m’a proposé de nourrir ma petite louve avec une sonde (j’ai chialé deux fois plus fort en imaginant une sonde dans la gorge de ma fille…).
En fait, c’est une technique où l’on utilise la sonde comme une paille. On place l’embout à côté du sein, il est raccordé à la seringue de lait, et le bébé a en bouche à la fois le sein et la sonde.
Du coup, quand elle tétait, la petite louve buvait à la fois mon lait et celui de la seringue! La seule contrainte de cette technique, c’est que la puéricultrice devait être là à chaque tétée. Du coup je la remercie vraiment d’avoir pris le temps, toutes les 3 heures, de venir m’aider!
A la fin de la journée, j’avais eu ma montée de lait, et la miss avait repris tout son poids… Ce qui m’a d’ailleurs fait m’interroger sur la prise de poids de la veille… Ils ne se seraient pas gouré par hasard ?

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Mais comme je suis hyper angoissée, j’ai quand même voulu continuer à la compléter avec du lait infantile, parce que j’avais peur qu’elle reperde du poids. Du coup, je lui ai donné des biberons la nuit…
Bon, malgré tout, j’ai pu l’allaiter exclusivement en journée! Mais cette gloutonne était accrochée à mon sein toute la journée… J’étais épuisée, je me disais qu’elle ne devait pas être suffisamment rassasiée, que mon lait ne devait pas être assez riche… Mais en même temps, je ne voulais pas abandonner et lui donner un biberon la journée…

J’ai tenu 6 semaines, et puis j’ai arrêté en douceur, en lui donnant un biberon à la fin de la tétée pour qu’elle soit rassasiée…
J’étais un peu frustrée, mais moins déçue que la première fois…

Désolé pour le pavé… Et vous? Biberon ? Allaitement ? Par choix ou par obligation ? Dites-moi tout!

16 Commentaires

  1. Comme toi, j’ai trouvé que la maternité pro allaitement où j’étais ne m’avait pas vraiment aidé. Alors que ma copine qui voulait le biberon n’a pas eu droit aux cachets pour stopper la montée de lait, pour moi ils n’ont pas été patients. Ma montée de lait a été longue à venir (les 2 fois) et mes loulous ont perdu plus que les 10% « standard ». La première fois on ne nous a laissé partir que 4j après la naissance, et en nous obligeant à aller à la pmi peser bébé le lendemain de la sortie. Je l’ai t.mal vécu.
    Mais à la maison, miracle (ou pas… Vu comme j’ai adoré l’ambiance hospitalière), bébé a commencé à boire seul. Avant c’était des seringues mais de mon lait que je tirais (1h pour avoir 3 gouttes, le rêve).
    J’ai allaité ma grande 10 mois, c’est elle qui en a eu marre en fait.
    Pour le 2eme, rebelote. Reperte de poids un peu importante. Mais on ne s’est pas laissé faire. On a expliqué que ce n’était pas la première fois et qu’il aurait tout le lait nécessaire d’ici peu, qu’il fallait seulement que je rentre, que je me pose, et que ça viendrait bien. C’est ce qui s’est passé, et je l’ai allaité un an (là c’est papa qui en a eu marre :-) ).
    Bref, l’allaitement n’est pas magique. Mais il devient simple si on oublie les cases et qu’on se laisse un peu aller.
    Cela dit, le biberon c’est bien aussi 😉

    • C’est super que tu aies réussi à persévérer ainsi (j’avoue que tirer mon lait ne me tentait pas du tout).
      Je crois que si ça avait fini par fonctionner pour le premier, et que je l’avais allaité longtemps, j’aurais été beaucoup plus sûre de moi la deuxième fois, et j’aurais envoyé chier l’hopital aussi! 😉

  2. tire allaitement pendant 9,5 mois pour le 1er
    et 30 mois pour la seconde qui n a pas l air de vouloir arreter…..

  3. Tout comme toi, déclenchée pour un bébé pas prêt à sortir. Partie pour allaiter, j’ai détesté les reproches des sages femmes qui me disaient que je faisais pas comme il fallait mais elles ne me disaient pas comment bien faire! (ou sinon, pas une seule avait la même technique! que faire?) sortie au bout de 2 jours faute de place et montée de lait arrivée le 4ème jour! bébé a quand meme bien pris le colostrum et pas trop de perte de poids. C’est la SF qui vient à la maison suite à l’accouchement qui a sauvé mon allaitement (et le site leche league aussi)… Il n’y a pas assez d’information pour les futures mamans désireuses d’allaiter et pas assez d’aide pour celles qui se découragent trop rapidement … c’est bien dommage. J’ai pu y arriver 6 mois malgré tout!
    bonne fête des mamans!

    • C’est super d’avoir réussi malgré tout! Avec le recul, je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas eu de SF à domicile… On ne m’en a pas parlé à la maternité, ça m’aurait peut-être aidé…
      Merci, bonne fête à toi aussi :)

  4. Pas facile l’allaitement, contrairement à ce que tout le monde dit… Comme quoi ce n’est pas si naturel que ça! On nous met trop de pression concernant cette fameuse prise de poids…

    • C’est ça! Quand j’en discutais autour de moi, ça avait l’air tellement simple, évident, que je me suis vraiment sentie nulle de ne pas y arriver!
      Et pour la prise de poids, je suis bien d’accord!

  5. Biberon par choix. Je n’ai jamais envisagé un seul instant d’allaiter et je ne regrette pas. Je crois que j’aurais très mal vécu de rencontrer des difficultés sur ce plan à un moment où l’on se sent fragile, fatiguée, bouleversée. Avec le recul je pense avoir protégé mon ego en faisant le choix de ne pas allaiter.

    • L’essentiel, c’est de pouvoir faire ce qu’on veut… Sein ou biberon, c’est un choix personnel! L’avantage du biberon, c’est qu’il y a moins de risque de se louper 😉
      Et c’est clair que le personnel médical, dans mon cas, était plus moralisateur que de bon conseil…

  6.  » J’étais épuisée, je me disais qu’elle ne devait pas être suffisamment rassasiée, que mon lait ne devait pas être assez riche… » Ma pauvre, toutes ces fausses idées qu’on engrange inconsciemment … Je suis vraiment peinée pour toi que personne ne t’ai parlé des tétées groupées, des pics de croissance, du besoin de succion, de l’effet antalgique que provoque la tétée chez les bébé.e.s… Bref, si jamais un jour il y a un 3ème louveteau, n’hésite pas à acheter sur livre du Dr Marie Thirion sur l’allaitement : une mine d’or!
    En attendant, j’admire ta détermination à mener coute que coute l’allaitement malgré l’absence de montée de lait pour ton premier et malgré l’épuisement pour ta seconde! T’es une super louve <3

  7. comme je comprends… et tu n’as pas à t’en vouloir (non tu n’es pas une nouinouille ! t’as juste été mal conseillée) il y a quelques similitudes dans nos histoires sauf que pour ma part j’ai eu la chance d’avoir l’aide d’une conseillère en allaitement qui a eu les mots pour me rebooster et qui m’a aidé à avoir cette foutu montée de lait (tire lait en plus des tétées de la petite)et heureusement qu’elle était là parce que les conseils du style « faut lui mettre un gant de toilette mouillé sur le visage pour la réveiller pour qu’elle téte » je m’en serais bien passée…

    • Le coup du gant de toilette mouillé, je l’ai déjà entendu! Donc ce n’était pas un cas isolé, elles sont donc plusieurs à proposer cette horreur! C’est super si tu as pu avoir de vrais conseils!

  8. Jétais omme toi, l’allaitement c’était quelque chose qui me paraissait naturel… Et puis j’ai eu une césarienne en urgence donc une montée de lait très lente, mon bébé avait faim et il hurlait, mais à la maternité ils ont vraiment été top, ils m’ont encouragé à ne pas lacher, j’ai aussi eu le dispositif DAL pour qu’il mange et tete en même temps (ma sage femme m’avait bien dit de refuser fermement qu’on lui propose un biberon), aujourd’hui ça fait 2 mois que je l’allaite exclusivement il prend bien, je suis contente d’être tombé sur des professionnels patients et de bons conseils.

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