Pas de mauvais enfants – discipline des tout-petits sans honte (9 lignes directrices)

Le comportement d’un tout-petit n’est pas honteux, et ce n’est pas non plus un comportement qui doit être puni. C’est un cri pour attirer l’attention, un cri pour dormir ou un appel à l’action pour des limites plus fermes et plus constantes. C’est la poussée-poussée de notre tout-petit qui met à l’épreuve son indépendance naissante. Il a l’impulsion écrasante de sortir des limites, tout en ayant désespérément besoin de savoir qu’il est bien maîtrisé. Il ne fait aucun doute que les enfants ont besoin de discipline. Comme l’a dit Magda Gerber, experte des nourrissons, « Le manque de discipline n’est pas de la bonté, c’est de la négligence ».

La clé d’une discipline saine et efficace est notre attitude. La petite enfance est le moment idéal pour perfectionner les compétences parentales qui assureront le leadership honnête, direct et compatissant dont nos enfants dépendront pendant des années à venir.

Voici quelques lignes directrices :

1) Débuter avec un environnement prévisible et des attentes réalistes. Une routine quotidienne prévisible permet à un bébé d’anticiper ce qu’on attend de lui. C’est le début de la discipline. La maison est l’endroit idéal pour les nourrissons et les tout-petits pour passer la majeure partie de leur journée. Bien sûr, nous devons parfois les emmener avec nous pour faire des courses, mais nous ne pouvons pas nous attendre à ce qu’un tout-petit se comporte bien lors de dîners, de longues après-midi au centre commercial ou lorsque ses journées sont remplies d’activités programmées.

2) Ne pas avoir peur, ou prendre le mauvais comportement personnellement. Lorsque les tout-petits jouent dans mes classes, les parents craignent souvent que leur enfant ne soit un morveux, un tyran, un enfant agressif.  Lorsque les parents projettent ces craintes, cela peut amener l’enfant à intérioriser les personnes négatives ou, à tout le moins, à ressentir la tension des parents, ce qui exacerbe souvent le mauvais comportement. Au lieu d’étiqueter l’action d’un enfant, apprenez à étouffer le comportement dans l’œuf en le rejetant nonchalamment. Si votre enfant vous lance une balle au visage, essayez de ne pas vous énerver. Il ne le fait pas parce qu’il ne t’aime pas et qu’il n’est pas un mauvais enfant. Il vous demande (à la manière d’un tout-petit) les limites dont il a besoin et qu’il n’obtiendra peut-être pas.

3) Répondre au moment présent, calmement, comme un PDG. Trouver le bon ton pour fixer des limites peut prendre un peu de pratique. Dernièrement, j’ai encouragé les parents qui ont de la difficulté à s’imaginer qu’ils sont un PDG prospère et que leur tout-petit est un sous-fifre respecté. Le PDG corrige les erreurs des autres avec confiance et une efficacité à toute épreuve. Elle n’utilise pas un ton incertain et interrogateur, ne se fâche pas ou ne se met pas en colère ou n’est pas émotive. Notre enfant a besoin de sentir que nous ne sommes pas nerveux à propos de son comportement, ou ambivalent à propos de l’établissement de règles. Il trouve du réconfort lorsque nous sommes aux commandes sans effort.

Les conférences, les réactions émotionnelles, les réprimandes et les punitions ne donnent pas à notre tout-petit la clarté dont il a besoin et peuvent le rendre coupable et lui faire honte.  Un simple « Je ne vous laisserai pas faire ça. Si vous jetez ça encore une fois, je vais devoir l’enlever » tout en bloquant le comportement avec nos mains, c’est la meilleure réponse. Mais réagissez immédiatement. Une fois le moment passé, il est trop tard. Attendez le prochain !

4) Parler à la première personne. Les parents prennent souvent l’habitude de s’appeler « maman » ou « papa ». La petite enfance est le moment de passer à la première personne pour une communication la plus honnête et la plus directe possible. Les tout-petits testent les limites pour clarifier les règles. Quand je dis « Maman ne veut pas qu’Emma frappe le chien », je ne donne pas à mon enfant l’interaction directe (toi et moi) dont il a besoin.

5) Aucun délai d’attente. Je pense toujours à Magda Gerber, l’experte des nourrissons, qui, avec son accent hongrois de grand-mère, me demande : « Du temps pour quoi ? Du temps hors de la vie ? » Magda croyait au langage franc et honnête entre un parent et son enfant. Elle ne croyait pas aux gadgets comme le « temps mort », surtout pour contrôler le comportement d’un enfant ou le punir. Si un enfant se comporte mal dans une situation publique, c’est généralement qu’il est fatigué, qu’il perd le contrôle et qu’il doit partir. Transporter un enfant à la voiture pour qu’il rentre chez lui, même s’il donne des coups de pied et crie, est la façon respectueuse d’aborder le problème. Parfois, un enfant fait une crise de colère à la maison et a besoin d’être emmené dans sa chambre pour se débattre et pleurer en notre présence jusqu’à ce qu’il retrouve le contrôle de soi. Ce ne sont pas des punitions, mais des réponses bienveillantes.

6) Conséquences. Un tout-petit apprend mieux la discipline lorsqu’il subit les conséquences naturelles de son comportement, plutôt qu’une punition déconnectée comme un temps mort. Si un enfant jette de la nourriture, son heure de repas est terminée. Si un enfant refuse de s’habiller, on ne va pas au parc aujourd’hui. Ces réponses parentales font appel au sens de l’équité de l’enfant. L’enfant peut encore réagir négativement à la conséquence, mais il ne se sent pas manipulé ou humilié.

7) Ne pas discipliner un enfant qui pleure. Les enfants ont besoin de règles de comportement, mais leurs réactions émotionnelles aux limites que nous fixons (ou à quoi que ce soit d’autre d’ailleurs) devraient être autorisées, voire encouragées. La petite enfance peut être une période de sentiments intenses et conflictuels.  Les enfants peuvent avoir besoin d’exprimer leur colère, leur frustration, leur confusion, leur épuisement et leur déception, surtout s’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent parce que nous avons fixé une limite. Un enfant a besoin de la liberté d’exprimer ses sentiments en toute sécurité sans notre jugement.  Il peut avoir besoin d’un oreiller pour frapper – donnez-lui un.

8) Amour inconditionnel. Le retrait de notre affection comme forme de discipline apprend à l’enfant que notre amour et notre soutien tournent autour d’une pièce de dix cents, s’évaporant à cause de sa mauvaise conduite momentanée. Comment cela peut-il favoriser un sentiment de sécurité ? Alfie Kohn’s New York Times article, « When A Parent’s I Love You’ Means’Do As I Say’ », explore les dommages que ce genre d’« éducation conditionnelle » (recommandée par des experts comme Phil McGraw et Jo Frost de « Supernanny ») cause, lorsque l’enfant devient ressentimental, méfiant et détesté de ses parents, ressent de la honte et un manque de valeur personnelle.

9)    Fessée – JAMAIS. Les plus préjudiciables à une relation de confiance sont les fessées. Et la fessée est un prédicteur de comportement violent. Time Magazine article, « The Long-Term Effects of Spanking », par Alice Park, rapporte les résultats d’une étude récente : « La preuve la plus solide à ce jour que la réaction à court terme des enfants à la fessée peut les amener à agir davantage à long terme. Parmi les quelque 2 500 jeunes qui ont participé à l’étude, ceux qui ont reçu la fessée plus fréquemment à l’âge de 3 ans étaient beaucoup plus susceptibles d’être agressifs à l’âge de 5 ans. »

Le fait d’infliger intentionnellement de la douleur à un enfant ne peut se faire avec amour. Malheureusement cependant, l’enfant apprend souvent à associer les deux.

Aimer notre enfant ne signifie pas le garder heureux tout le temps et éviter les luttes de pouvoir. Souvent, c’est faire ce qui nous semble le plus difficile à faire…. dire « Non » et le signifier.

Nos enfants méritent nos réponses directes et honnêtes pour qu’ils puissent intérioriser le » bien » et le » mal », et développer l’autodiscipline authentique nécessaire pour respecter et être respectés par les autres. Comme l’écrivait Magda Gerber dans Cher Parent – Prendre soin des nourrissons avec respect, » L’objectif est la discipline intérieure, la confiance en soi et la joie dans l’acte de coopération. »

Je propose un guide complet de discipline respectueuse en

NO BAD KIDS : Discipline pour tout-petits sans honte